C’est quoi Être maman ?

silhouette femme à l'aube avec une étoile qui s'envole entre les mains

On ne naît pas maman, on le devient. Il semble que la société s’accorde à dire que Maman, ça s’apprend. Comme pour n’importe quel métier, il y a des compétences à acquérir pour être une bonne mère. Nourrir son bébé, prendre soin de lui en répondant à ses besoins primaires et lui assurer épanouissement personnel…

Mais lorsque mon enfant décède, quelle mère suis-je alors ? Ou devrais-je dire, qu’elle mère ai-je été ? Mon statut de maman est ébranlé et là encore, la société est unanime en décochant la case « enfant(s) à charge » : Une maman, aussi dévouée fut-elle, si désenfantée, n’est donc plus vraiment une maman ? … Et que pense mon cœur de tout cela ?

Quand naît-on maman ?

Chez les Himbas de Namibie en Afrique australe, la date de naissance d’un enfant est fixée, non pas au moment de sa venue au monde, ni à celui de sa conception, mais bien plus tôt : depuis le jour où l’enfant est pensé dans l’esprit de sa mère. La mère s’isole alors au pied d’un arbre, afin de recevoir la chanson de cet enfant. C’est l’enfant qui envoie la chanson.

Je suis devenue maman lorsque, à la question « penses-tu à avoir un enfant ? » que venait de me poser le futur papa, j’ai répondu « j’y pense tout le temps ». Mon fils est né en moi à ce moment là, d’un souhait commun entre le papa, moi et mon fils.

Effectivement, dès lors que le désir d’enfant est posé, la maman en nous peut germer. La gestation dure plusieurs mois voir plusieurs années dans l’esprit d’une femme qui peu à peu accueille la maman qui est en elle. Maman, je suis devenue, 18 mois environ avant la conception physique de mon fils.

Pour la chanson, elle m’est venue pendant la grossesse, en écoutant la radio : « I love you always forever » de Donna Lewis :

I love you always forever
Je t’aime pour toujours et à jamais
Near and far closer together
Près et loin ensemble plus proches
Everywhere, I will be with you
Partout, je serai avec toi
Everything, I will do for you.
Tout, je ferais pour toi.

Il est clair que la maman en moi était bien là 🙂

Mon enfant est né, je suis officiellement maman

A la naissance de mon fils, le rôle d’une maman pour moi est bien défini : prendre soin de mon enfant, matériellement et affectivement. Le nourrir, le protéger, le soigner, l’éduquer, le chérir et l’aimer avant tout …. C’est beaucoup … trop ? Surréaliste ? … C’est le miroir que me renvoyait la société et sans doute ma propre mère. En tant que Maman officielle, je me dois donc de répondre aux besoins primaires de mon enfant afin qu’il puisse s’épanouir dans les meilleures conditions. C’est un vrai plaisir et une fierté d’arborer mon nouvel habit de maman. Et même si je suis très peu sûre de moi, personne ne le conteste, mon enfant est né, je suis maman !

D’ailleurs, notre carnet de famille l’atteste et inscrit l’acte de naissance de mon enfant en m’indiquant comme la mère reconnue et officielle.

Mon enfant est malade, quelle maman suis-je ?

A la minute où le diagnostic fut énoncé, c’est un peu comme si mon rôle de mère venait d’être gommé et remplacé par le rôle « d’accompagnatrice ». Plus le choix quand à la façon de le soigner, le nourrir, ni dans ses sorties, ses rencontres, ses jouets, … tout m’était dicté !

J’ai très vite eu cette idée qui m’a très longtemps poursuivie et encore qui revient à la surface aujourd’hui : « on m’a volé mon enfant » « on m’a destitué de mon rôle de maman ». Les médecins savent ce qui est bon pour mon fils et me dictent comment je dois l’élever, alors que moi, j’ai visiblement échoué. Effectivement, j’en avais la responsabilité en tant que maman mais mon fils est tombé malade.

J’ai failli à mon rôle de maman. Suis-je digne d’être maman ?

Mon enfant est mort, le bilan

Le glas a sonné, mon fils s’est envolé. Au moment même où j’ai réussi à dire à voix haute « mon fils je t’aime, je ne peux te retenir plus longtemps, quitte ce corps devenu trop douloureux », mon fils s’est envolé. J’ai perçu un grand soulagement, et entendu un « merci » lié d’une grande fierté. La mienne, celle de mon fils ?  La grâce a belle et bien accompagnée ce départ, cette libération.

Mais quelle Maman ai-je donc été ?

Ai-je pu protéger mon fils ? Non

Ai-je soigné mon fils ? Non

Ai-je évité les souffrances à mon fils ? Non

Ai-je sauvé mon fils , Non

Ai-je aimé mon fils ? OUI !

Que reste-t-il ? L’Amour !

Mon enfant est mort, suis-je encore une maman ?

La maman d’hier n’est certes plus celle qui vit aujourd’hui. La maman d’hier est morte. Mais je suis pourtant toujours en vie et ce que je suis aujourd’hui est grâce à la maman que j’ai été. Suis-je légitime si je me proclame maman alors que mon enfant est mort ? C’est le dilemme que l’académie française n’a pas encore su résoudre. Un enfant qui perd ses parents est orphelin, un homme qui perd sa femme est veuf, mais une maman qui perd son enfant … C’est une situation si douloureuse à accepter qu’on ne veut même pas la nommer. Peur que le fait d’inscrire son nom noir sur blanc, donne raison à son existence. La mort d’un enfant est tabou et tout est fait pour que cela le reste. Mais que fait-on de la maman qui reste ?

Et pourtant, la maman que je suis pleure et souffre. Elle est bien réelle. Elle est bien vivante. Ce n’est donc pas la présence de l’enfant physiquement qui détermine la réalité de mère ?

Alors, c’est quoi une maman ?

Une maman ce n’est pas un rôle, une attitude, un devoir.

Une maman c’est de l’amour, de l’amour qui donne vie. Un enfant c’est de l’Amour, un amour qui fait vivre une maman bien au delà de la rencontre charnelle. Une maman, c’est éternelle.

Le lien d’Amour entre une mère et son enfant est immortel. Je suis une maman d’Amour. L’Amour est là depuis toujours, depuis le début et bien avant. L’Amour est ce lien, d’une maman a un fils, d’un fils à une maman.

Maman je suis, maman je serais pour la vie et bien au delà.

Une maman, c’est l’amour qui lie une mère à son enfant.

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