Loimata e maligi – Laissez les larmes couler

Te Fiti retrouve son coeur dans Vaiana

Nous connaissons tous Vaïana, un Disney dans lequel l’héroïne traverse l’océan pour rendre son coeur à Te Fiti. Et cette scène magique ? Celle où Vaiana comprend qui est Te Ka, ce monstre de lave qui détruit tout ce qui essaie d’approcher l’île de Te Fiti.

Dès les premières notes de musique, tout mon corps frissonne, et mes larmes coulent :

« Ils ont enlevé ton âme, ils ont volé ton coeur … »

Cette chanson est une reprise, un hommage si beau, si puissant écrit et interprété par le groupe polynésien Te Vaka. Une chanson pour témoigner de la douleur de toute une nation, suite à la mort de 19 jeunes filles prises dans l’incendie de leur école à Tuvalu.

Loimata e maligi Laissez les larmes couler

Toku loto fanoanoa Mon cœur est rempli de tristesse

Ko galo atu Pour ceux qu’on a perdu

A fakapelepele De nombreux êtres chers

Omai te fakamafanafanaga Laissez la guérison couler sur moi

Solo te mae tenei Et emmener ma peine au loin

Ko galo atu Pour ceux qu’on a perdu

Na tamafine De nombreuses jeunes femmes

Faigata fakamalamalama Il est difficile de réaliser

Tino gafulu ma te toko iva Que 19 vies ont été enlevés

Ave ai te lumanai Et ont emmené avec eux

A te atunuku Le futur d’une petite nation

Omai te fakamafanafanaga Laissez la guérison couler sur moi

Solo te mae tenei Et emmener ma peine au loin

Ko galo atu Pour ceux qu’on a perdu

Na tamafine De nombreuses jeunes femmes

A fakapelepele De nombreux êtres chers

Omai te fakamafanafanaga Laissez la guérison couler sur moi

Solo te mae tenei Et emmener ma peine au loin

Ko galo atu Pour ceux qu’on a perdu

Na tamafine De nombreuses jeunes femmes

Loimata e maligi Laissez les larmes couler

Toku loto fanoanoa Mon cœur est rempli de tristesse

Ko galo atu Pour ceux qu’on a perdu

A fakapelepele De nombreux êtres chers

Loimata e maligi Laissez les larmes couler

Te Vaka, traduction sur musixmatch.com

Des larmes pour guérir mon coeur si triste…

Reprenons Vaiana :

Te Fiti, la déesse des océans, s’est fait voler son coeur. Aussitôt, c’est la nature qui se meurt. Vaiana traverse alors l’océan pour rendre son coeur à Te Fiti. Elle doit braver ce monstre de lave Te Ka qui empêche viscéralement l’accès à l’île de Te Fiti. Visiblement hors de lui, il ne veut laisser personne toucher l’île. Vaiana arrive sur cette fameuse île qui abrite Te Fiti. Mais, stupeur, elle n’est plus là ! Elle a quitté son île … Vaiana se tourne vers Te Ka et aperçoit sa blessure. Elle comprend : « Je sais qui tu es« 

A ce moment là, mon corps frissonne et mes larmes coulent. Effectivement, quel plus bel acte d’amour de reconnaître l’autre qui souffre ?

A ces mots, Te Ka s’apaise immédiatement. Lorsque notre blessure profonde est reconnue, notre colère se calme, nous pouvons la tempérer grâce à ce lien qui se créer instantanément avec cet autre qui nous a reconnu et qui sait. Vaiana poursuit en chantant « Tu sais qui tu es », alors Te Ka ferme les yeux comme pour effectivement revenir à elle, revenir en elle. Cet acte d’amour que lui offre Vaiana, permet à Te Ka de retrouver la paix, son âme peut se révéler. Enfin, Vaiana rend son coeur à Te Ka qui n’est autre que Te Fiti. Et oui, une Te Fiti appeurée, perdue, blessée qui n’avait d’autres moyens pour exprimer sa douleur que le rejet total de la vie, des autres, d’elle même ! Au point de quitter son corps, de rompre avec son âme. Son coeur ayant été volé, poignardé, brisé. Te Fiti s’était alors emmurée derrière un monstre crachant du feu. Mais à l’instant même où Te Fiti retrouve son coeur, où il reprend sa place, la vie reprend. Te Fiti réapparaît dans toute sa splendeur.

Pour moi, c’est exactement ce qui se passe lorsque notre enfant décède. Notre coeur est arraché, notre âme quitte notre corps trop douloureux qui n’est alors que souffrance extrême. Nous entrons dans une terrible solitude, errants à la recherche de notre amour perdu.

L’amour est la clef de la guérison.

Un geste d’un autre d’abord comme une consolation est une aide inestimable. Être reconnu dans sa douleur et malgré elle. Mais aussi et surtout un geste vers soi-même. Se reconnaître, se relier à son coeur et permettre à son âme de revenir dans son corps et le guérir.

Laisser couler les larmes sur son corps pour l’envelopper d’amour et le guérir comme nous dit cette belle chanson. Nous sommes tous des Te Fiti dont le coeur blessé, ne demande qu’à revenir à nous pour exprimer tout l’amour que nous méritons.

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